Nouveau Parti Anticapitaliste Vitry

La mobilisation à Chérioux ne faiblit pas au bout de 2 semaines !

lundi 15 février 2010

Depuis le 2 février , aucun cours n’a lieu au lycée Adolphe Chérioux de Vitry sur Seine ; ce jour , en effet, un élève du lycée a été passé à tabac et blessé à l’arme blanche par une bande venue de l’extérieur du lycée. Cette cité scolaire (de près de 40 ha et 1500 élèves) dans une banlieue défavorisée est un bon résumé des politiques de réduction de postes dans l’Éducation Nationale ; le nombre de surveillants y est passé de 20 à11 en quelques années . Dés le 2 février à 13h les enseignants invoquent leur « droit de retrait » refusent de faire cours et se réunissent en AG et de façon unanime et dans une unité syndicale complète . Ils décident alors de se rendre au Rectorat le 2 , puis les 3 et 4 février pour y exiger le doublement du nombre de surveillants . Le Recteur de l’Académie de Créteil en personne, leur a alors proposé 2 postes de surveillants et 6 postes de médiateurs ; bien entendu , personnels et élèves n’ont pas accepté cette solution , les médiateurs étant des emplois ultra précaires non qualifiés (20h payés 600€ ; sur 2 ans max. alors qu’un Assistant d’Education est présent 35h et peut rester 6 ans.) censés gérer les absences et régler des problèmes compliqués de lien entre les élèves en difficulté et leurs familles. Le Rectorat est alors devenu menaçant, expliquant qu’il n’y aurait plus de droit de retrait à compter du 8 février (sûrement sur ordre du ministre ), mais qu’il s’agissait d’une grève, comme si le simple fait d’avoir reçu une délégation réglait les problèmes . Devant la détermination des personnels , des élèves et des parents , une délégation a alors été reçue au Ministère le 9 février où Luc Châtel leur a refait les mêmes propositions . Le 10 février ,nouveau rassemblement à l’Assemblée Nationale cette fois ci : Délégation reçue par les groupes PC, Verts et PS qui, lors des questions au gouvernement, interpellent Luc Chatel sur Cherioux et son refus de transformer les ’médiateurs’ en ’AE’ : Celui-ci répond alors à coté ou pas du tout ... sous les huées !Durant toute la semaine du 8 au 13 février, la mobilisation ne faiblit pas et les « Cherioux » ouvrent la manifestation du jeudi 11 février appelée par les établissements du 93, le SNES-FSU , SUD et la CGT contre la réforme des lycées et la suppression des postes . Plusieurs lycées voisins d’Ivry et Vitry débrayent aussi . Depuis, les personnels demandent un débat télévisé avec Luc Chatel : "Le ministre est en devoir de répondre à nos besoins humains urgents. On demande un débat télévisé avec le ministre pour qu’on lui explique que la situation de notre établissement exige ce doublement ". Il faut dire que le mouvement rencontre une véritable sympathie auprès de la population de Vitry , les tracts et pétitions qu’ils ont commencé à distribuer sur le marché ont rencontré un écho très chaleureux et favorable. Ce mouvement est véritablement exemplaire à plusieurs titres : Dans un contexte politique hyper sécuritaire où chaque incident, drame qui survient dans ou à la porte des établissements de banlieue est l’occasion de surenchères sur la nécessité de renforcer , voir y faire entrer la police , malgré une hyper médiatisation certainement à ces fins là au début , les personnels ont construit leur mobilisation autour de la défense et l’amélioration du service public. Ils font ainsi la démonstration que c’est la dégradation des services publics qui créent en bonne partie les problèmes d’insécurité dans nos banlieues et non le contraire. Le soutien important de la population qui leur dit de « tenir bon » est aussi remarquable dans ce contexte. Ce mouvement se construit dans l’unité autour d’une exigence, le doublement du nombre de surveillants et le refus de la précarité et tient malgré l’intransigeance gouvernementale. Cette mobilisation ne cherche pas à rester strictement locale en se replaçant dans la bagarre générale contre les suppressions de postes dans l’Éducation Nationale et la réforme Châtel. Vendredi 12 , 90 personnes se sont retrouvées en AG pour continuer L’enjeu va être maintenant de rebondir après les vacances scolaires (la zone C est en vacances du 20 février au 8 mars). Cela ne peut dépendre des seuls « cher you » ; la mobilisation dans un certain nombre d’établissements du 93 et d’autres départements de banlieue parisienne doit trouver des relais à partir du 8 mars quand toutes les académies auront repris. Ce sera alors aux fédérations syndicales de l’Éducation Nationale de jouer leur rôle de coordination pour favoriser la convergence et aller vers un mouvement d’ensemble. B GALIN


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